Qui êtes-vous ?

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un regard, une pensée, une envie de connaitre , de me connaitre, de reconnaitre...Un bonjour d'un autre monde... celui du bonheur, du malheur... celui de la vie...celui de l'écriture,du récit...

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samedi 6 février 2010

Il a 16 ans...

Au mois de novembre 2008, je publiais ici un texte intitulé "il a dix ans...", Oxygène attendait la suite...Michelaise pensait que ce serait pour ses 11 ans... et Dan doutait gentiment de mes capacités...( sourires)!!
Alors voilà, Il a seize ans...Le temps est impalpable au pays de Korrigane...

Il se réveille…
Ce matin n’est pas un matin comme les autres,

Il a seize ans aujourd’hui…
Seize ans…

A cette pensée, c’est la tristesse qui l’envahit.
Dans la cuisine, sa mère lui murmure un « Bonjour » gêné, presque angoissé…
Elle n’est pas d’accord avec cette décision, elle, qui parle si peu, a tout essayé,
Elle a plaidé pour lui, elle a usé de tout son vocabulaire, pas très étendu c’est vrai, mais porté par une conviction sans faille…
Cette conviction que seule une mère…
Lui seul pourrait…
Mais le père ne veut rien savoir !!!!
Lui, il le sait, la mère aussi.

Il a seize ans aujourd’hui.

Le silence oppressant s’installe dans la cuisine, il se lève, enfile son blouson et s’en va…
Il ne se retourne pas, il murmure un « R’voir », ou elle devine comme une pointe de rage,
Oh pas contre elle, elle le sait… contre lui, contre son père, contre le sort, contre la vie que l’on mène ici, un grand sentiment d’injustice…
Mais c’est comme ça …Ah quoi bon… Un jour peut être il pourra…

Il marche vite, très vite, ce n’est pourtant pas nécessaire, il n’est pas en retard, mais Mr Barett ne va pas être content, alors …autant en finir rapidement.

Il entend déjà, il connait toutes les répliques, la pièce a déjà été jouée, toutes les scènes ont été explorées, rien, non rien ne peut plus être changé.

Il a seize ans aujourd’hui…

Ca y est, il est face à « Lui », son maître, son mentor, presque son ami, le seul qui ait misé sur lui, lui, l’émigré, le voyou… Il bredouille, il se sent stupide…

- Je…au revoir… et… »

- Non !!! Ce n’est pas possible ! Tu ne peux pas partir comme ça, ils ne peuvent pas te faire ça ! Tu es un très bon élève, tu as de grandes capacités, j’ai promis de t’aider, de les aider, de t’encadrer, de te superviser, de te préparer à tous les concours, à tout ce que tu pourras désirer, et tu en a des désirs, des idées pour ton avenir, nous en avons souvent parlé, je te connais , ils m’avaient promis de te soutenir, ils n’ont pas le droit de t’abandonner … »

Le ton posé et calme de son maître l’impressionne, lui fait venir des larmes qu’il s’efforce de refouler, il ne réussit qu’à répondre en maîtrisant un sanglot :

- Au Revoir »

- Attends ! Tiens, prends mes coordonnées, dés que tu le peux…Appelle moi,
Je serai là …Il ne sera jamais trop tard, garde confiance… Moi, j’ai confiance en toi. »

- Au Revoir, et …Merci ! »

Il a seize ans aujourd’hui.

samedi 16 janvier 2010

Neige

Silence inhabituel
Où est l’agitation
De ces petits matins…
Le voisin ne part pas ?
Ce jour est-il férié ?
Même les éboueurs …
Je dormais donc si bien ?
Les ai pas entendus !!!
Et la lumière blafarde
Qui diffuse partout,
Au-delà des persiennes ?
Que se passe t il donc ?
Trop tôt ?
Pourtant dans la pénombre
Les chiffres rouges annoncent bien…
Comme d’habitude…
J’ouvre l’œil toujours
A la même heure
Depuis que je ne suis
Plus obligée de l’ouvrir.
Oh ! Ce silence !!!
J’entrouvre les volets…

Oh! Blanc immaculé !
Tempête de flocons
Tous les bruits effacés
C’est donc l’explication !
C’est dans un autre monde
Que je suis transportée…
Même les rires des enfants
Qui partent pour l’école
Ces boules de coton
Semblent les avaler.
Doucement,
Ne voulant pas troubler
Ce silence rassurant,
Je ferme la fenêtre, et…

Comme le paysage,
Encore anesthésiée
Je porte à mes lèvres
Ma tasse de café !

vendredi 15 janvier 2010

Cadeau de Noël

Petit cadeau du cœur,
Petit être joueur,
Joie de te caresser
Je ne peux te garder…
Le cristal qui se brise
Vacarme insupportable
Martellement entêtant
Qui donc encore ici
Pourrait être détruit ?
Petit cadeau du cœur,
Porteur, dans tes
Yeux, des graines
De discordes…
Je ne peux te garder…
Ne plus jamais avoir
Telle responsabilité,
Quelle image
Reçoivent
Ceux que nos cœurs adorent ?
Quel moi, quels désirs
Ai-je donc suscité ?
Petit cadeau du cœur
Tes grands yeux me regardent,
Je ne peux te garder…
Qui a pu à ce point choisir sans hésiter
Tout ce bonheur trompé ?
Déception, tristesse
Et incompréhension.
Les mots ne passent plus
Les regards même se fuient
Il faut briser alors
La tension qui s’installe!
« Bon !!! c’était une erreur,
Allez n’en parlons plus … »
Mais au fond de nos âmes
La blessure est réelle
Et aucun en ce jour
N’oubliera ce noël…

jeudi 14 janvier 2010

Petit Félin

Petit félin, tout beau tout gris
Je t’appelle et tu fuis...
Je te cherche partout,
Où as-tu disparu ?
C’est un bouchon pendu
Qui te ramène à nous,
Attention petit fou
Noisette tout près te guette
Que peut-elle donc penser ?
Quand sur son territoire
Tu sembles t’installer.
Tu es bien sûr de toi
Bien que très apeuré,
Entre le frigidaire
Et le panier d’osier,
Tu observes…
Et soudain le miroir
Te renvoie ton reflet, et là…
C’est la panique
Tu cours, tu cognes,
Te perds, te retournes, hésites,
Miaulements déchirants,
Viens, viens,
Mon tout petit
Même Noisette si calme
Serait presque affolée…
Et sans raison aucune
Tel objet insolite,
Capte ton attention et
Tu reprends l’affut,
Attitude instinctive
Qui te viens de si loin,
Innée, jamais apprise…
Et l’esprit détourné, tu reviens doucement…
Là, des genoux avenants
T’écoutent ronronner,
La seconde passée, tu dors…
Et me voila coincée,
Pour ne pas t’effrayer
Attendre pour bouger
Que tu sois réveillé…
Et Noisette,
A mes pieds
S’est lovée
Et ronronne,
J’aime à croire…
Apaisée…

vendredi 8 janvier 2010

Solitude

Un homme écrit, assis seul dans une chambre.
Que le livre parle de solitude ou de camaraderie,
il est nécessairement un produit de la solitude…

Paul Auster
« L’invention de la solitude »

lundi 4 janvier 2010

Beethoven

Quels êtres enchanteurs nous côtoient lors d'un concert...

Nous sommes dans la foule…viens c’est par là …vite…ouf ! Assis ! Enfin !
Plus un bruit…les secondes s’égrènent, on dirait des heures…Ce silence est assourdissant, le rideau s’ouvre…
Grandiose ! Tu presses ma main…
Là devant nous, tous ces musiciens ? Combien peuvent-ils être ? Noir et blanc, blanc et noir…
Applaudissements.
Le chef d’orchestre frappe son pupitre de sa baguette : «Messieurs…

Toujours ce silence…

Et les premières notes envahissent l’espace…la pression de tes doigts se fait plus légère, nos yeux se croisent, nos souffles s’effacent, nos cœurs se mettent au diapason l’un de l’autre et de la musique, nous communions dans une extase qui semblent n’avoir ni commencement ni fin…

L’univers n’existe plus …
Le temps n'existe plus...

La 9eme symphonie… LA 9eme…
Les Folles Journées …

Les dernières notes...

Comme le plongeur qui remonte d’une apnée prolongée peu à peu la réalité reprend ses formes, le décor réapparait, nos sens, un moment occultés, retrouvent leurs fonctions, un sourire gêné, un baiser furtif, tes doigts s’accrochant aux miens,
Pas encore les mots…

Il faut revenir … à nouveau le silence !
Une vague s’élève … une foule debout…un tumulte monte de la salle précédant un tonnerre d’applaudissements…
Pas encore les mots…
Rappels…
Rappels…

La scène se vide, tout cela semble encore irréel, chacun n’ose bouger, n’ose rompre la magie…

Et peu à peu l’un se lève, un autre, et puis tous…

Tu me regardes... et ensemble nous ne trouvons rien d'autre que : « waouh…. »
Quelle émotion !

Ça y est le charme est rompu ! Ouf ! La pression peut retomber, les mots peuvent revenir troubler l’enchantement…La foule est encore sage mais très vite elle va se réveiller…Nous bousculer, nous ramener vers une réalité oubliée…

« Ton papier !!! »

Comme par miracle, les mots viennent seuls s’imprimer… « Merveilleux…Envoutant…Stupéfiant…Magique... »
Bel article !!!
Folle Journée

dimanche 3 janvier 2010

Petits êtres du grand chêne...

Un jour une amie me propose 5 photos et me dit " voila , regarde et ....écris ce que tu veux...", dur dur!!!, longues séries de recherches , rien... et puis, le déclic, période de Coppenhague, il en est sorti cette nouvelle; ( avec les photos c'est mieux! non?)

PetitSol’ et PetitBruin’sont deux amis, ils vivent dans le grand chêne de l’allée, près de la maison de Martin.
Martin habite quelque part dans un pays du nord, là où il ne fait jamais vraiment beau, là où le ciel est souvent assombri et l’atmosphère souvent brumeuse, là où le soleil se fait rare et la pluie plus fréquente.
Bien sur si Martin avait habité un pays de soleil et de sécheresse, l’histoire eut été quelque peu différente… et si semblable …

Mais quelque soit son lieu de vie, Martin est un enfant qui a beaucoup d’imagination…
PetitSol’ et PetitBruin’ en sont ils le fruit ?

PetitBruin’ est gai, enjoué, rieur, d’une vitalité enviable, tout à l’opposé de PetitSol’, si triste, si mélancolique…

Martin est inquiet pour PetitSol’, il sait que ses besoins vitaux ne sont pas satisfaits, et il le sent dépérir un peu plus chaque jour sans savoir que faire.

Car voila justement, ce qui tourmente Martin, jour après jour… Ses deux amis ont des besoins très différents. Pour PetitBruin’ c’est simple, il a besoin d’eau pour vivre et de l’eau il en trouve dans la rivière qui coule un peu plus loin de la maison de Martin.
Chaque jour, en allant à l’école, Martin emmène PetitBruin’ au bord de l’eau, il le laisse s’y ébattre quelques minutes et la vie de PetitBruin’ peut continuer à sourire.

Pour PetitSol’ tout est plus compliqué. Pour vivre il a besoin de soleil !
Mais le soleil n’est pas comme l’eau, il n’est pas présent chaque jour quand Martin part à l’école, et même parfois il reste plusieurs jours sans se montrer, et PetitSol’ dépérit.
Les matins où Martin aperçoit le soleil derrière le rideau de sa chambre, il se dépêche d’aller chercher PetitSol’, de l’emmener au milieu de la cour, de le regarder s’ébattre, se gorger de cette nourriture si rare.
Ces jours là les trois amis sont les plus heureux du monde et vous pourriez presque les entendre rire depuis la cour l’école…

Martin aimerait aider davantage PetitSol’ et il est très malheureux de ne pouvoir faire plus. Il aimerait tant voir ses deux amis rire et jouer tous les jours, comme ces jours de grand soleil.
Il aimerait voir la vie de PetitSol’ sourire comme celle de PetitBruin’.
Mais dans cette région pluvieuse, le soleil de fait rare, et lorsqu’il se montre, il jour à cache-cache avec son copain le grand château d’eau.
Martin sourit en pensant que PetitBruin’ n’aime pas le grand château d’eau, il n’aime pas imaginer que celui-ci met l’eau en prison…

En prison…

La voila l’idée !!!

Martin se précipite à l’école, réquisitionne les ardoises de tous ses copains et fabrique un immense panneau solaire au beau milieu de la cour.
Et il attend…

Il attend…

Une seule journée ensoleillée, et toute cette lumière emprisonnée dans ce magnifique panneau de la cour va permettre à la vie de PetitSol’ de sourire pour longtemps…
La nuit peut tomber, Martin peut enfin s’endormir, dans la grande maison au bout de l’allée, pas si loin du grand chêne, en rêvant de ses copains… PetitSol’ et PetitBruin’ sourient, demain sera encore une belle journée, même si le soleil ne brille pas derrière les rideaux, même s’il ne joue pas à cache-cache avec le château d’eau…

Leur copain Martin est un génie, le génie de tous les PetitSol’ et les PetitBruin’ du grand chêne, de tous les Petit’… de la nature !